Samedi 6 octobre 2007

fracoisvillon.jpgIl a été l’un des plus grands poètes du Moyen Age. Il a inspiré nombre de romantiques (Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine,…), qui en firent le précurseur des poètes maudits, et a vu certains de ses poèmes mis en chansons (par George Brassens, notamment). François Villon détient en effet un CV à faire baver pas mal d’auteurs actuels… une légende, en somme.
Mais les légendes peuvent chuter bien bas. Et c’est ce à quoi s’emploi Jean Teulé (à qui l’on doit également Rainbow pour Rimbaud, Ballade pour un Père Oublié, Ô Verlaine, Darling,…). L’auteur nous donne en effet une vision des plus néfaste d’un homme ignoble évoluant dans une société qui l’est tout autant.

 

 

 

Petite biographie
Né orphelin de père en 1431 ou 1432 durant la Guerre de Cent Ans, François de Moncorbier est recueillit à l’âge de 6 ans par le chanoine Guillaume de Villon après l’exécution de sa mère. Après des études à l’Université d’Arts de Paris il accède au statut de clerc. Commence alors une vie de débauche, bien loin des volontés de son père adoptif…

Vers 1454, il intègre la Confrérie des Compagnons de la Coquille, violente bande de brigands redoutablement organisée qui détrousse, pille viole, et pire encore…

En 1455, il blesse mortellement un autre clerc, Philippe Sermoise. Sur son lit de mort, ce dernier pardonnera son crime à François Villon, lui évitant ainsi la corde.

A la suite d’un cambriolage au Collège de Navarre avec certains Coquillards en 1456, il se voit contraint de quitter Paris pour éviter toute condamnation. Il se rend donc à la cour du Duc d’Angers, puis à celle de Charles d’Orléans, à Blois.

Quelque temps plus tard, on le retrouve avec ses Compagnons de la Coquille, saccageant, pillant et brûlant tout sur leur passage.

Après deux séjours en prison en 1461 et 1462, il disparaît définitivement en 1463 de façon soudaine. Nul ne sait ce qu’il advint de lui.


Je, François Villon…Villon-Francois.jpg
Tout d’abord, petite précision concernant le roman : tout est raconté à la première personne. L’auteur s’est glissé directement dans la peau de son personnage pour nous conter la vie improbable de cet homme complexe. Le résultat en est plus qu’excellent : puisque cet homme ne semble connaître aucune morale, les atrocités dont il est témoin ou auxquelles il participe nous sont racontées de la façon la plus neutre qui soit, à la façon dont lui devait les percevoir…

C’est de cette manière brusque et froide que nous vivons la vie de François Villon. Descriptions crues, actes on peut plus barbares, condamnations des plus ignobles sont racontés au fil des pages d’un point de vue très banal, presque objectif. L’absurdité des horreurs quotidiennes est telle que l’on se prend parfois à rire bien malgré nous des ces évènements !

L’auteur nous dresse donc volontairement un portrait plus que négatif de ce personnage, au point qu’il en devient haïssable. Une manière comme une autre de détruire le mythe du génial romantique maudit.
Le roman à proprement parlé se découpe clairement en deux parties. La première relate la vie du poète à Paris, avant de rejoindre la Cour d’Angers, la deuxième étant plus axée sur ses diverses pérégrinations à travers le pays.

La partie la plus intéressante est sans contexte la première : on ne cesse d’être surpris par l’absence de morale du personnage mais aussi de la façon dont vivait la population en général. Des actes pour nous d’une absurdité sans bornes semblaient paraître d’une banalité certaine pour les gens de cette époque.
La seconde partie est un peu ennuyeuse car elle perd le rythme soutenu de la première ainsi que son fil conducteur. On ne sait donc plus trop où on va et on se lasse rapidement des différents déboires du poète. Des poèmes en vieux français ponctuent régulièrement le récit, nous donnant une idée du contexte et de l’état d’esprit du poète lorsqu’il les a écrit…


Le Moyen-Age, un cadre où il fait bon vivre…
A une époque où l’on pendait à tout va, où l’on égorgeait pour 3 sous et où les mots « hygiène » et « morale » ne semblaient pas exister, la mort semblait le lot quotidien de tout un chacun. Entre le type condamné à être bouillit dans un chaudron sur une place quelconque de Paris, les orgies ayant lieu dans les nécropoles, les gens mourrant écrasés sous les chevaux de l’armée royale en visite, l’étudiant accroché par le pied à l’étrier d’un lieutenant-criminel et traîné au galop dans les rues, j’en passe et des meilleures, on se dit que le Moyen-Age devait vraiment être un lieu de bien-être et de ressource…
C’est dans ce cadre que notre protagoniste trace sa voie, de façon ni meilleure (mais sans doute pire) que ses concitoyens.


Concernant la Coquille...
Originaires de la Bourgogne, Les Compagnons de la Coquille était une bande de brigands composée d’environs 500 membres, anciens soldats pour la plupart. Très bien organisés, tous avaient une spécialité bien particulière : certains étaient crocheteurs de serrures et de coffres, d’autres assassins, certains voleurs de bourses, pipeurs de dès… Il était rare qu’ils agissent indépendamment, préférant s’entre aider et se partager les butins.

Leur nom fait référence à la Coquille de Saint Jacques de Compostelle : ils débutèrent en effet sur les chemins de Compostelle, se mêlant aux pèlerins pour les détrousser la nuit venue.
Une des particularités de la Coquille, outre leur formidable organisation, était le fait que les Compagnons parlaient un jargon codés connu de eux seuls. Ainsi, ils pouvaient énoncer leurs futurs méfaits devant témoins sans que personne ne puisse comprendre ce qu’il se tramait.
Dans le roman, François Villon devient le poète d’un de leurs chefs, Colin de Cayeux, et reçoit une chaîne de cou à laquelle pend une petite coquille en argent. En échange de quoi, il participe à de nombreux méfaits et rédige plusieurs poèmes en jargon coquillard.


En définitive…
En définitive, il s’agit d’un roman plus que complet que nous livre Jean Teulé. On en apprend aussi bien sur cet homme énigmatique qu’était François Villon, sur la société du Moyen-Age et sur divers événements historiques. Si certaines choses peuvent sembler un peu forcées, on a quand même froid dans le dos en se disant que le reste a dû réellement se passer.


 
par Sili publié dans : Lecture
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Commentaires

moi aussi j'l'ai aimé ! l'inquisition finalement c'était un sport d'époque !
lis ô verlaine aussi ! du même !enfin c'estune suggestion
et pis les jours fragiles de Philippe Besson
commentaire n° : 1 posté par : empoisonneuse le: 14/05/2008 23:27:25

Merci pour les conseils, je vais me pencher sur la chose ! ^^


réponse de : Sili (site web) le: 06/06/2008 17:00:46






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