Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir réussit à casser les genres pour réinventer un style de musique leur étant propre. Tool fait parti de
ces groupes. Formé en 1991, le groupe fait désormais office d'alien quasi-mythique dans le paysage du métal progressif. Introspection dans un univers aussi glauque qu'attrayant...
Quatre membres
Maynard James Keenan (chant) : véritable tête pensante du groupe, la créativité de cet homme relève du pur génie. Les textes,
tous emplit de symboliques religieuses, sexuelles, critiques... sont autant de réflexion sur soi-même que sur le monde qui nous entoure, sur des sentiments (souvent malsains) que tout un chacun
peut éprouver plus ou moins régulièrement. Lire ou écouter un texte de Keenan, c'est se prendre en pleine face nos pulsions les plus inavouables de façon étrangement agréable. Outre sa capacité à écrire des textes très... spéciaux, Maynard jouit aussi d'un registre lyrique relativement vaste. Si l'homme chante le plus
souvent assez calmement, il peut aussi bien modifier sa voix de façon à devenir aussi bien hypnotique que dévastatrice (la réputation des ses cris uniques n'est plus à faire...). Le leader incontesté et incontestable du groupe est également le chanteur de A Perfect Circle, groupe dans lequel on retrouve également
Billy Howerdel, James Iha (Smashing Pumpkins), Jordie White (alias Twiggy Ramirez, ex-bassiste de Marilyn Manson) et Josh Freese. Ce groupe aux
membres provenant de divers horizon rock a sorti 2 véritables albums, Mer de Noms et Thirteenth Step), un album anti-guerre, eMOTION, composé essentiellement de
reprises sorti peu de temps avant les élections présidentielles aux USA en 2004 en même qu'un coffret DVD + CD, aMOTION. Le DVD présente l'intégralité des clips du groupe ainsi que leurs
variantes, et le CD est composé de remixes du groupe réalisé par des membres internes ou externes (Massive Attack,...) A noter que Maynard a également crée son "groupe" solo, Puscifer, dans lequel interviennent divers artistes (Milla Jovovich,...).
Le premier et unique album à ce jour de ce nouvel alien scénique s'intitule "V" is for Vagina... Outre ces divers side-projects, le chanteur de Tool a également fait quelques apparition guest en concert ou sur certains albums (PJ
Harvey : live, Deftones : Passenger - White Pony,...)
Adam Jones (guitares) : que serait le groupe sans cet homme ? Probablement pas grand chose... Se chargeant de toutes les parties
guitares, c'est donc à lui que l'on doit ces mélodies tantôt rugueuses tantôt magnifiques. Bien qu'il s'agisse d'un musicien
hors-pairs, son nom est également connu dans les milieux cinématographiques. Notre bonhomme a en effet commencé sa carrière non pas comme musicien mais en tant que technicien d'effets spéciaux
(il a travaillé notamment sur ceux de Terminator 2). C'est donc tout naturellement qu'il s'est chargé de la réalisation de la quasi-totalité des clip de Tool (exceptés
Hush et Sober). Nous verrons l'intérêt de ces vidéos par la suite...
Danny Carey (batterie) : dire que ce mec est un dieu de la batterie serait un euphémisme. Le gars est en effet une machine à
inventer des beats les plus démentiels et originaux possibles. Qu'ils s'agissent des passages énervés ou bien tribaux, la technique et la beauté du jeu surprennent et ravissent à chaque
morceau. Pour se faire, sachez que notre homme utilise l'une des batteries les plus complètes qui soit, avec un nombre de tomes plus qu'impressionnant... Carey est également l'élément mystique, amenant la petite touche ésotérique au groupe. Adepte de géométrie sacrée, il aurait écrit les parties de batterie
de Lateralus selon le Livre de Thoth et la géométrie du Temple de Salomon.
Justin Chancellor (basse) : cet ancien bassiste du groupe Peach se fait plutôt discret au sein du groupe. Si ses parties musicales
ne sont pas l'élément principal des compos, il est certains qu'elle savent sortir du lot commun et ne pas faire qu'un effet de fond. En fait elles sont mêmes excellentes, mais hélas souvent
perdues au milieu du déferlement de guitares. Par contre lorsqu'elle passe en premier plan, on peut alors saisir toutes les subtilités, les petits effets de style "qui font que !"
Quatre albums En 16 d'existence, Tool n'a sorti que 4 véritables albums. Fainéantise ou perfectionnisme ? Un peu des deux peut-être, vu la différence qu'il y
a entre le temps entre chaque album et le temps passé en studio. De plus, chacun des membres joue parallèlement dans un ou plusieurs autres groupes et a des activités artistiques diverses.
Mais le résultat est tel que l'on a l'impression qu'ils ont passé plusieurs années à travailler chaque album ! Les albums suivent également une évolution logique dans l'univers de Tool.
Undertow - 1993 Après un premier EP sorti en 1992, Opiate, le quartet sort son véritable premier album, Undertow. Dès cette première galette, le
groupe étrenne un genre nouveau dans un paysage musical en effervescence et dont le besoin de nouveauté se fait sans cesse ressentir. Les résultats sont fracassants : les suffrages remportés sont
tels que Tool peut déjà se payer le luxe d'une tournée non seulement sur le sol américain mais également sur le Vieux Continent. Durant ces longs concerts, le groupe posera les premières fondations de leur univers scénique : peinture sur tout le corps, lights de dingues,
semi-obscurité quasi-constante, vidéos psychédéliques diffusées en arrière-plan... la machine et les "outils" sont en marche !
Aenima - 1996 Là, on rentre dans ce qui définira réellement Tool par la suite. Sorti en 1996, ce deuxième album est un magnifique condensé de métal indus et
atmosphérique, tout en gardant ce côté "progressif" et sombre qui les caractérise tant. Des pleurs de bébé aux bruits de circuits imprimés, en passant par une recette de space cake dite en allemand à la manière d'un discours
militaire... le résultat est énorme et ne laisse pas indemne ! Tool a définitivement trouvé son identité et est une entité musicale à part entière, bien loin des clichés musicaux
d'alors.
Lateralus - 2001 Après un CD live + DVD intitulé Salival sorti en 2000, nos gars sortent ce qui sera définit pour beaucoup comme leur chef d'oeuvre. Cet
album est en effet d'une incroyable richesse et d'une complexité hallucinante ! Des liens se font entre les chansons, on retrouve telle mélodie, calme sur un titre, jouée de façon déjantée sur
une autre (Disposition - Reflection). L'album ne connaît quasiment aucune pause et est d'une cohérence tellement minutieuse qu'elle en donne des frissons. Musicalement parlant, Tool a également poussé l'expérimentation un peu plus loin, en laissant toutefois l'aspect indus de côté pour en venir à
quelque chose de plus "magistral". Aenima les avait hissés au rang de groupe hors du commun, Lateralus les classe au rang de mythe !
10 000 Days - 2006 Il nous aura encore fallu attendre 5 autres années pour voir venir le successeur de l'un des meilleurs album qui ait été crée depuis longtemps.
Beaucoup avaient peur d'avoir droit à un Lateralus bis, mais Tool a su ne pas tomber dans le piège de la facilité ni dans le n'importe quoi. Le groupe rompt un peu avec ce qu'il avait
précédemment crée. Les chansons sont dans l'ensemble plus calmes que celles présentes sur Lateralus, mais tout aussi complexes et également plus sombre. Le titre de l'album est une référence au temps qu'a vécu sa mère depuis son attaque cérébrale, paralysée dès lors durant 27 ans (10 000 jours).
Deux chansons lui constituent d'ailleurs un hommage des plus intimes (Wings for Mary et 10 000 Days). On remarquera d'ailleurs que si l'on écoute Wings for Marie (6
minutes et 11secondes) suivit du dernier morceau de l'album Viginti Tres (5 minutes et 2 secondes), nous obtenons un nouveau morceau de 11 minutes et 13 secondes, ce qui l'exacte durée
du morceau 10 00 Days... hasard ou minutie ?
Les vidéos Le visuel est une composante majeure du groupe. Qu'il s'agisse des artworks des CDs, tous plus déjantés les uns que les autres, ou encore de
l'univers scénique, toute écoute de Tool est d'une certaine manière accompagnée d'éléments visuels. Mais le plus impressionnant, ce sont les vidéos. Toutes réalisées par le guitariste Adam Jones (sauf Hush et Sober, comme dit précédemment) les vidéos sont toutes
hallucinantes ! Mettant en scène des créatures glauques dans des univers qui ne le sont pas moins, les clips se recoupent d'une certaine manière : les êtres que l'on y trouve sont toujours plus
ou moins semblables et leurs actes pour le moins incompréhensibles. Films d'animation réalisés à la main, véritables protagonistes
dans des décors en images de synthèse,... toutes les techniques sont bonnes pour créer des vidéos aussi glauques, voire malsaines, que belles et attirantes.
Mais de longs discours ne serviraient pas à grand chose s'il n'y avait pas d'aperçu ! Je clos donc ce dossier en vous laissant avec
quelques vidéos. En espérant vous avoir convaincu ! ;-)