Lundi 21 juillet 2008
J'ai pas mal hésité avant de réaliser cette chronique, à savoir si je la réalisais dans le cadre du Top Of The Flops Of The Pops Of The Blogs. Pourquoi pas ? Au premier abord, il y aurait matière à critiquer...
Sorti il y a 3 mois, cet album que l'on attendait depuis plus de 10 ans (sans trop y croire) en a surpris plus d'un. J'avoue que je n'avais pas franchement écouté ce disque jusqu'à aujourd'hui... un sacrilège de la part de quelqu'un qui se prétend adorateur du groupe !

Mais comme tout album surprenant au premier abord, un temps d'adaptation est toujours nécessaire, un pas à franchir avant de se plonger littéralement dans la musique. Une réécoute est donc nécessaire avant de commencer à cracher son venin ou au contraire de crier au génie. C'est tout de même avec un gros à priori que je commence à réécouter ce CD.... surtout que je viens de me peler une vaisselle monstre donc je suis pas spécialement détendu !





Le premier titre de Third, Silence, nous remet à notre place musicalement parlant. La mélodie est sympa, un poil inquiétante comme le groupe avait l'habitude de faire... et puis la voix arrive ! Ben merde !? Qu'est-il arrivé à Beth Gibbons ? Elle a avalé trop de Valium ou quoi ? Et cet arrêt sur les chapeaux de roues ? Bon, on va se dire que c'était la chanson d'ouverture, leur façon à eux de nous dire qu'ils ont pas fait la même chose qu'avant. Continuons.

Hunter. Bon titre, même si on baille un peu. En regardant le verso du boîtier du CD, je m'aperçois que la chanteuse est assise sur un coin de la scène... tu m'étonnes, elle risquerait de se croûter, à s'endormir toute seule à force de chanter des berceuses !

L'originalité est de mise sur Nylon Smile : petite rythmique sympa, accord de guitare original... mais la voix ! Elle n'a pas changé depuis que j'ai appuyé sur "play" ! Troisième titre et c'est toujours les même plaintes ! Voyons la suite, en espérant que ça sera mieux...

The Rip rehausse un peu le niveau, même s'il faut attendre la moitié du titre pour rentrer vraiment dans la mélodie à proprement parlé.


Excusez mon impatience, mais j'avoue m'ennuyer un peu depuis près d'un quart d'heure là...



Plastic ! Ah ben voilà ! Là ils ont fait dans l'originalité ! Les ruptures de rythme, les différents instruments utilisés, les petits bruits bizzares... c'est du bon ça !!! Même si la voix ne change pas trop là non plus, Beth Gibbons arrive tout de même à pousser ses cordes vocales à un niveau plus que satisfaisant. Je reprend confiance !


We Carry On... un titre rapide et rock, du moins pour Portishead. Bien qu'un peu répétitif, un morceau intéressant à tous les niveaux. La voix (toujours le même timbre, hein, je ne vous fait plus la remarque, je vous préviendrai plutôt quand elle changera) colle très bien, même si on aurait pu s'attendre à ce qu'elle utilise son registre "inquiétant", à la Cowboys ou Numb.

On passe le très court Deep Water, intermède surprenant faisant sourire, avant d'entamer le très indus Machine Gun, titre choisi comme single. Sympa, même si le clavier de Jean-Michel Jarre à la fin n'a pas franchement sa place. Titre d'ambiance des plus expérimentaux, on se laisse prendre au jeu facilement.
Small renoue avec les titres de la grande époque. Sourire aux lèvres, je profite allègrement de ce mélange d'ambiances et d'instruments. Sans doute le meilleur titre de l'album jusque là !

La suite est tout aussi formidable ! Magic Doors nous sort de l'hypnose du titre précédent et nous emmène vers des contrées jusqu'alors inexplorées. La encore, on se laisse facilement porter par les notes.
Threads cloture l'album de façon pas spécialement dantesque mais pas non plus décevante. Un bon morceau à la Portishead, classique sans être ennuyeux.





Alors voilà le moment tant attendu : le verdict !


Alors primo, j'aimerais revenir un peu en arrière, à la sortie de l'album. Lorsque Third fût dans les bacs 11 ans après leur précédent album, il y eut un phénomène surprenant : les radios, les magazines, les quotidiens (même 20 Minutes !) ont tout de suite encensé le nouvel album. Que tout le monde en parle ce n'est pas ça qui m'a surpris : Portishead a su se tailler une sacrée réputation, aussi bien auprès des auditeurs avertits que des masses (remercions haut et fort Monsieur Guerlain et Madame Sophie Marceau... bref...) Ce que j'ai trouvé hallucinant, c'est que l'album soit illico étiqueté "merveille", "bijou", ou pire encore : "meilleur album du groupe" !!!
Sans déconner, au vu de la merde que nous fournissent de grands groupes qui n'ont soit-disant plus rien à prouver, ce n'est pas parce qu'un groupe est devenu culte (à juste titre) qu'il faut tout de suite considérer chacune de leurs prouctions comme de l'or en barre.

Deuxio, il y a eu à l'inverse des réactions détruisant cet album. La raison ? "C'est bizarre et c'est pas pareil qu'avant..." Ah ben oui, effectivement où sont les loops d'antant, les scratchs magiques et les jeux de platines de tarés ? Mais en même temps, si le groupe nous avait sorti un Dummy bis ou bien une suite logique de Portishead, ces mêmes personnes auraient été les premières à gueuler en disant que le groupe ne se serait pas renouvelé, n'aurait pas évolué et aurait dit "c'est la même chose qu'avant, c'est pas original..." Alors quoi, merde ?! Faut se décider !

C'est sûr qu'au premier abord, cet album est déstabilisant. Mais pour en revenir à ce que je disais au début de cet article, de nouvelles écoutes sont toujours nécessaires. Il faut se dire qu'en 11 ans, le groupe a eu le temps d'explorer d'autres lieux, d'autres musiques, d'assimiler d'autres influences.


Cet album a trois points forts : tout d'abord, on sent que nos musiciens se sont fait plaisir ! Quoi de meilleur pour un groupe que de se retrouver pour tester de nouvelles choses et de tripper là-dessus ?!

Deuxième point fort : le combo a enfoncé de nouvelles portes et a crée un album des plus expérimentaux, ouvrant la voie à de nouvelles possibilités musicales. Mais au final, cette démarche n'était-elle pas déjà la même en 1994 ? Dummy n'a-t-il pas crée un nouvel aspect dans le paysage musical de l'époque ?
Et enfin : Portishead a su prendre des risques sans pour autant se fourvoyer dans le n'importe quoi, ce qui n'est pas donné à tout le monde de nos jours !!!



Parti de ces constats, j'en viens à me dire que les chansons qui m'ennuyaient au début de l'album sont en fait de bonnes chansons (ce dont j'ai en ce moment-même confirmation, m'écoutant l'album pour la deuxième fois depuis que je rédige cet article) et que mes commentaires sur Miss Gibons étaient vaseux, sans être de la pure mauvaise foi (c'est vrai qu'elle ne change quand même pas beaucoup de timbre de
voix... :-P)



Mon verdict sera donc très simple : Third est un très bon album semi-électro, à ne pas écouter tous les jours certes, mais qui sera parfait les jours où on voudra se passer un disque"hors-norme".
Pour écouter du trip-hop, on se repassera Dummy et Portishead.




Visionnez les deux versions du clip de Machine Gun














par Sili publié dans : Musique
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Mercredi 9 juillet 2008
Lorsque l'on parle des Cardigans, la première chose qui nous vient en tête est le refrain horripilant du surdiffusé Lovefool, quand ce n'est pas en prime le sourire niais de la chanteuse. Il est donc normal que pour des personnes n'étant pas habitués à écouter ce genre de niaiseries, la simple évocation du groupe puisse donner de l'urticaire.
Pourtant, The Cardigans ont eu depuis une longue carrière et se tiennent aujourd'hui pour responsables de la création de 7 albums, tous plus différents les uns que les autres.

Vous l'aurez remarqué, je ne suis pas du genre à chroniquer des albums tout récemment sortis. Lorsque je suis entré en possession de ce disque, c'était en 1999 et j'en garde un bon souvenir. Mais Gran Turismo ne fait pas parti de ces albums que l'on s'écouterait en boucle dans la voiture, dans le bus ou en bossant. Ca doit faire quelques années que je ne l'ai pas ré-écouté et rédiger cette chronique m'a un peu prit comme une envie de pisser. Je repars donc de zéro (ou presque) au moment où je commence à commenter/critiquer...





Si la présence de morceaux "pas tops" tels que Erase / Rewind (je l'avais oublié celui-là...), Higher, ou Junk Of The Hearts, l'ensemble est plutôt réussit.
Paralyzed ouvre la galette et nous plonge directement dans une ambiance à laquelle on ne pouvait s'attendre, vu l'image de pop-rock naïve que véhiculait le groupe jusqu'alors. Nappes planantes au départ, l'ambiance se fait très rapidement glauque, portée par des rythmes électroniques destructurés assez surprenant. La naïveté semble maintenant feintée, méprisée, au bénéfice d'une sorte d'inquiètude malsaine, faussement enjolivée par la voix (tout de même délicieuse) de Nina Persson.
Cette ambiance se retrouvera dans l'excellent Hanging Around, à la rythmique rapide et pourtant sombre à souhait, qui reste pour moi la perle de l'album !

Des morceaux rock pas spécialement innovants mais bien vus sont également présents, gardant en eux ce petit je-ne-sais-quoi qui fait que l'ambiance faussement naïve persiste tout au long de l'album : les guitares reprennent leurs droits sur Starter et prouvent que les responsables de l'horrible Lovefool sont capables de bien mieux et sur des domaines bien plus larges que celui dans lequel on voulait les enfermer.
Si tout le monde se rappelle du (trop) fameux My Favourite Game, Do You Believe mérite franchement le détour : paroles ironiques, fin alambiquée... il y a quelque chose derrière le décor... la coque est dorée mais le fruit est pourri, ça se sent. Mais cette pourriture est agréable !

Plage intégralement musicale, Nil clôture l'album de façon reposante, excellente réponse à l'intro de Paralyzed. La fin est arrivée mais là encore, cela nous semble moins joyeux que ce que l'on voudrait nous faire croire.


En conclusion...
... on a ici un album agréable de par sa fraîcheur dépourvue de sirop. Mais en même temps une espèce d'ironie latente se fait pérpetuellement ressentir. Sans pour autant virer dans la dépression, The Cardigans allient avec brio inquiètude et calme... le bord du gouffre est proche mais on est sans cesse rattrapper par un trait de lumière... Sans pour autant être totalement apaisé, on continue d'avancer à mesure que les pistes défilent, dans un univers aussi beau et lumineux mais néanmoins froid et désertique que les grands espace de Suède.



Le clip de Hanging Around








par Sili publié dans : Musique
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